Un groupe de ayants droit d'Elvis Presley et la maison d'édition de plusieurs titres d'Eminem ont déposé une plainte contre Suno, la start‑up spécialisée dans la génération de musique assistée par Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision.. Selon les avocats, le service de Suno aurait reproduit les timbres vocaux et les styles d’écriture de ces artistes sans autorisation, contrevenant ainsi à la législation américaine.

Des plaignants emblématiques

Les ayants droit d'Elvis invoquent le ELVIS Act (Ensuring Likeness Voice and Image Security) du Tennessee, une loi qui interdit aux systèmes d’intelligence artificielle de copier la voix d’un chanteur sans son consentement. La plainte précise que Suno aurait généré des morceaux qui « ressemblent étroitement à la voix du King » et des paroles similaires à celles d’Eminem, en se basant sur des prompts généraux.

Du côté d’Eminem, la société qui gère une partie de son catalogue accuse Suno d’utiliser des extraits de textes et de styles caractéristiques du rappeur pour créer de nouvelles compositions, sans aucune licence. Les deux dossiers s’ajoutent à une série de litiges déjà engagés contre Suno par Sony, Universal Music Group, le collectif d’artistes mené par Jason Isbell, ainsi que Reservoir Media.

Le cadre juridique

Le ELVIS Act a été adopté en 2023 pour répondre à la montée des DeepfakeContenu audiovisuel généré ou manipulé par intelligence artificielle pour représenter de manière réaliste une personne ou une situation. vocaux. Il impose aux développeurs d’IA une obligation de vérification de la permission avant de proposer des modèles capables de reproduire une voix identifiée. En cas de manquement, la loi prévoit des sanctions civiles pouvant aller jusqu’à plusieurs millions de dollars.

Dans la plainte, les avocats déclarent que Suno « a codé mécaniquement les identités artistiques, le travail et le temps d’effort, pour les TransformerArchitecture de réseau neuronal reposant notamment sur des mécanismes d'attention pour traiter des séquences de données. en une chaîne de production de revenus ». Ils soulignent également que la société ne propose aucun mécanisme de licence ou de compensation pour les créateurs dont la voix est imitées.

Réaction de Suno

Cat McCormack, porte‑parole de Suno, a répondu à The Verge en affirmant que l’entreprise « existe pour aider les gens à créer de la musique originale, pas pour exploiter le nom ou l’image d’un artiste ». Suno précise interdire les prompts contenant le nom d’artistes spécifiques et utilise des filtres tiers pour détecter les téléchargements non autorisés. La société indique qu’elle renforce continuellement ses garde‑fous afin de protéger les droits des créateurs.

Cette réponse ne suffit pas à calmer les plaignants, qui estiment que les mesures de filtrage restent insuffisantes face à la capacité du modèle à reproduire des caractéristiques vocales de façon très précise, même sans mention explicite du nom de l’artiste.

Enjeux pour l’IA musicale

Les affaires contre Suno illustrent un point de bascule : les outils d’IA capables de synthétiser la voix humaine sont désormais assez performants pour menacer les revenus et la reconnaissance des artistes. Le débat porte sur la façon d’équilibrer l’innovation technologique avec la protection des droits d’auteur et du droit à l’image.

Si les tribunaux confirment que la génération de voix sans licence constitue une violation, les développeurs devront intégrer des systèmes de licences automatisées ou limiter leurs modèles à des voix génériques. En revanche, une décision favorable à Suno pourrait ouvrir la porte à un usage plus large des clones vocaux, à condition que les créateurs acceptent de partager leurs droits.

Pour les musiciens amateurs, ces développements signifient que les plateformes d’IA devront offrir plus de transparence sur les sources de données et les autorisations. En attendant, le risque de voir ses créations retirées ou de devoir faire face à des poursuites reste réel, même pour les utilisateurs qui n’ont pas l’intention de copier un artiste connu.

L’évolution juridique de ces cas influencera probablement la façon dont les futurs modèles de génération audio seront commercialisés, et déterminera si l’IA pourra réellement coexister avec le modèle traditionnel de la création musicale.

Une lecture à partager ?
Partager
Partager cet article
WhatsApp ↗LinkedIn ↗Facebook ↗X ↗E-mail ↗

POUR CONTINUER

Garder le fil.

Toutes les actus ↗