Naïo Robotics présente Sanka, un robot autonome à chenilles destiné aux exploitations agricoles. Conçu pour se greffer aux équipements déjà présents sur les fermes, il arrive à l’EIMA de Bologne en avant‑première avant le lancement prévu pour le second semestre 2027.
Une plateforme polyvalente
Sanka ne se veut pas un outil spécialisé, mais une base capable de tracter ou de porter les machines que les agriculteurs utilisent déjà. D’un poids de 2,2 tonnes, il peut embarquer une charge d’une tonne grâce à un attelage trois points standard, une prise de force et un bloc hydraulique. Cette configuration permet, en théorie, de monter un désherbeur mécanique, un cultivateur ou tout autre dispositif compatible sans investir dans un parc dédié au robot.
Traction et autonomie adaptées aux champs
Le robot roule sur des chenilles développées avec Michelin depuis 2024. Le partenariat vise à offrir une bonne traction sur les terrains irréguliers tout en limitant le tassement du sol grâce à une répartition homogène du poids. Sanka peut franchir des pentes de 30 % et dispose d’un système breveté de déplacement dynamique des masses, censé maintenir l’équilibre même avec des outils de dimensions et de poids variés.
Côté performance, Naïo annonce une vitesse maximale de 6 km/h et une autonomie suffisante pour couvrir une journée de travail. La navigation repose sur le logiciel interne de l’entreprise, fort de plus de quinze ans d’expérience, combiné à un guidage GPS RTK. Des caméras assurent la supervision et la détection des personnes, ce qui rend possible un fonctionnement nocturne sans opérateur présent sur le terrain.
Des usages ciblés
Le constructeur vise d’abord les vignobles larges, l’arboriculture, les petits fruits, les pépinières et les installations agrivoltaïques. Dans ces environnements, les travaux répétitifs comme le désherbage mécanique ou le travail du sol sont souvent pénibles et coûteux. Un robot qui utilise les outils existants pourrait réduire la charge de travail et, selon Naïo, le coût énergétique serait inférieur à 1,30 € / ha comparé à un engin diesel. Cette estimation reste théorique ; la consommation réelle dépendra du type d’outil, du relief et des conditions de culture.
Vers la commercialisation
Après quatre campagnes d’essais agricoles, Sanka entre en phase de pré‑série. Les premières livraisons sont prévues à partir du second semestre 2027, après une présentation officielle à l’EIMA du 10 au 14 novembre, où le robot a reçu la mention « Évolution technique 2026 ». Le calendrier laisse encore plusieurs étapes, notamment la validation de la sécurité, la disponibilité du matériel et le temps nécessaire aux changements d’outils.
Un point clé pour les agriculteurs reste la compatibilité avec les équipements déjà possédés. Si Sanka peut réellement éviter l’achat d’un nouveau tracteur ou d’outils spécifiques, il pourrait lever un frein majeur à l’adoption de la robotique sur les petites et moyennes exploitations.
Un recentrage stratégique pour Naïo
Après avoir mis fin aux projets Orio et Jo suite à son redressement judiciaire en 2025, Naïo a signé début 2026 un partenariat stratégique avec le constructeur sud‑coréen Kioti. Sanka représente ainsi le premier pas vers une robotique agricole plus standardisée, où une plateforme unique sert plusieurs usages au lieu de machines dédiées. Le défi sera de passer des démonstrations aux conditions réelles des champs, en prouvant que la polyvalence annoncée se traduit par une rentabilité durable.
En bref, Sanka se positionne comme un intermédiaire entre les robots spécialisés et les machines traditionnelles, avec l’ambition de simplifier la transition vers une agriculture plus automatisée tout en maîtrisant les coûts d’énergie et d’investissement.




