FarmDroid, le fabricant danois spécialisé dans la robotique agricole, vient d’annoncer le FD60, un nouveau robot conçu pour combiner semis et désherbage mécanique sur des parcelles d’une taille bien supérieure à celles traitées par son prédécesseur, le FD20.

Le FD60 se distingue d’abord par sa largeur de travail, qui peut atteindre 6,75 m, permettant de couvrir jusqu’à 20 rangs en un seul passage. Cette configuration donne accès à une capacité saisonnière d’environ 60 hectares, soit trois fois la surface recommandée pour le FD20. En conditions idéales, le fabricant indique que le robot peut parcourir 18 hectares par jour, bien que ces chiffres restent des moyennes nominales et dépendent du sol, de la météo et des fenêtres de semis.

Le principe de fonctionnement reste proche de celui du FD20 : le robot utilise un GPS RTK pour enregistrer la position exacte de chaque graine au moment du semis. Lors du passage de désherbage, il revient sur ces coordonnées afin de retirer les adventices sans recourir à des caméras ou à des algorithmes de reconnaissance d’image. Cette méthode, basée sur la géolocalisation, simplifie l’équipement et réduit les besoins en puissance de calcul sur le terrain.

Le châssis du FD60 est réglable afin de s’adapter à la largeur des parcelles. L’écartement des roues peut varier de 4,60 à 6,70 m, tandis que l’espacement minimal entre les rangs débute à 25 cm. Le robot accepte des semences de 0,8 à 14 mm de diamètre, stockées dans un réservoir de 14 L. Il cible principalement les cultures de grande taille telles que les oignons, les betteraves, le maïs, ainsi que les rotations multi‑cultures. Le module de pulvérisation localisée +Spray, disponible sur le FD20, n’est pas compatible avec le FD60, ce qui confirme son orientation vers des exploitations qui privilégient le semis et le désherbage mécaniques.

En termes d’alimentation, le FD60 conserve la traction électrique fournie par une batterie et des panneaux solaires. Un prolongateur d’autonomie intégré vient compléter la charge lorsque l’ensoleillement est insuffisant. FarmDroid estime une consommation de 1 à 1,5 L de carburant par hectare pour ce mode de secours, tout en permettant un fonctionnement continu jusqu’à 24 heures par jour. Cette architecture contraste avec le FD20, totalement solaire mais compatible avec une batterie externe en option.

Le fabricant ne communique pas encore de prix public ni de date de livraison précise pour le FD60. Il invite les agriculteurs à définir la configuration souhaitée avec un distributeur local avant de passer commande. À ce jour, plus de 500 robots FarmDroid sont déjà en service dans 26 pays, ce qui montre que le FD60 ne part pas d’une plateforme purement expérimentale mais s’appuie sur une expérience largement déployée.

Le vrai test du FD60 sera sa capacité à livrer les performances annoncées dans des conditions réelles. Si le gain de largeur de travail se traduit par une réduction des passages manuels et de l’usage d’herbicides, le système de prolongateur d’autonomie introduira un compromis énergétique supplémentaire à prendre en compte. Les premiers retours d’exploitation, attendus dans les prochains mois, permettront de vérifier si l’élargissement du champ d’action compense la complexité accrue du système.

En pratique, un agriculteur disposant d’une exploitation de taille moyenne pourra envisager le FD60 comme une alternative aux tracteurs traditionnels, notamment lorsqu’il cherche à automatiser le semis de cultures volumineuses tout en limitant les traitements chimiques. La combinaison d’une précision GPS RTK, d’une capacité de stockage importante et d’une alimentation hybride pourrait ainsi répondre à des besoins de productivité croissante dans un contexte de pénurie de main‑d’œuvre saisonnière.

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