L’exercice naval REPMUS 26, tenu du 3 au 24 septembre 2026 au large de Sesimbra (Portugal), a permis à IQUA Robotics de mettre à l’épreuve son robot sous-marin autonome SPARUS II. Sixteen scénarios de lutte contre les mines ont été déroulés, incluant le test d’un nouveau détecteur sonar basé sur l’Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision. et une coopération inédite avec un véhicule de l’US Navy.

Une chaîne de détection totalement autonome

SPARUS II démarre chaque mission avec un parcours de recherche pré‑programmé. Dès qu’un contact apparaît sur le sonar frontal, le système recompute automatiquement sa trajectoire pour s’en approcher et le scruter avec plusieurs capteurs : un sonar Blueprint Subsea, un sondeur multifaisceaux Norbit et un ensemble de caméras développées par IQUA. La vraie innovation réside dans le traitement embarqué : un détecteur IA appliqué aux images sonar réduit les faux positifs par rapport aux versions précédentes, tandis qu’un second classificateur analyse les images optiques pour différencier mines et autres objets. Selon les rapports de l’entreprise, toutes les mines placées pour l’exercice ont été correctement identifiées.

Interopérabilité avec le REMUS américain

L’exercice a également démontré la compatibilité du standard OTAN STANAG 4817. Un robot REMUS de l’US Navy a inspecté deux zones à l’aide de son sonar latéral, puis a sollicité SPARUS II pour l’identification des contacts détectés. À chaque requête, la station de contrôle de SPARUS II crée automatiquement une mission de réacquisition : le robot retrouve le contact, envoie une confirmation visuelle et le REMUS poursuit sa propre couverture. IQUA indique que chaque cible a été retrouvée en moins de dix minutes, prouvant la valeur d’une approche parallèle où la détection et l’identification ne reposent pas sur un seul véhicule.

Cartographie des infrastructures critiques

En plus de la lutte anti‑mine, SPARUS II a participé à une mission de cartographie avec l’équipe Rapid Environmental Assessment. Le robot a relevé le port de Sesimbra et une zone traversée par un câble de communication, produisant bathymétrie, cartes acoustiques et mosaïques optiques. Les données brutes ont été traitées avec QPS Qimera ainsi que les outils internes SoundTiles et OpticTiles, générant des cartes exploitables en temps réel. Deux unités SPARUS II sont déjà en service au sein du groupe de guerre des mines de la marine espagnole, ce qui montre que l’essai ne se limite pas à une démonstration de laboratoire.

Vers des environnements plus complexes

Le retour d’expérience publié le 26 octobre souligne que le vrai défi sera de reproduire ces performances dans des fonds plus complexes, avec plusieurs véhicules simultanés et des liaisons acoustiques parfois dégradées. La prochaine phase d’essais devrait donc tester la robustesse du système de communication et la capacité de la chaîne d’identification à rester fiable lorsque les conditions sous‑marines sont moins favorables. Cette évolution pourrait ouvrir la voie à une utilisation plus large des robots autonomes dans les opérations de sécurisation maritime.

Le succès de SPARUS II montre que la combinaison de l’IA, de capteurs multiples et de standards d’interopérabilité peut rendre la détection de mines plus rapide et moins dépendante d’une chaîne humaine continue.

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