Mundane, jeune start‑up américaine, a présenté le 28 octobre un robot humanoïde téléopéré destiné aux environnements où un choc électrique, une explosion ou un obstacle mécanique mettrait un technicien en danger. L’opérateur reste à distance, équipé d’un exosquelette à retour d’effort, tandis que le robot reproduit ses gestes et transmet les contacts ressentis par ses bras.
Une interface qui reproduit le toucher
Le système repose sur trois points de synchronisation. Un casque stéréoscopique offre une vision en profondeur et suit les mouvements de tête, ce qui permet à l’opérateur de se repérer visuellement dans l’espace de travail. L’exosquelette, placé sur le corps du téléopérateur, renvoie une résistance réelle dès qu’un bras du robot rencontre un objet, donnant l’impression de toucher directement l’obstacle. Enfin, les articulations de l’opérateur, de l’exosquelette et du robot sont alignées sur les mêmes axes, limitant ainsi les corrections logicielles de posture. Cette architecture permet, par exemple, de déplacer le coude tout en maintenant un outil immobile, un avantage notable dans les espaces étroits ou à proximité d’un conducteur sous tension.
Une forme modulable adaptée aux chantiers
Contrairement aux robots humanoïdes classiques, le modèle de Mundane ne se déplace pas nécessairement sur deux jambes. Le torse, les deux bras, les mains et la tête constituent l’« second corps » qui peut être monté sur une base à roues, un mât, des jambes articulées ou même au bout d’une flèche. Cette modularité vise à adapter la mobilité du robot aux contraintes du chantier plutôt qu’à imposer une locomotion bipède partout.
Modèle économique et perspectives d’évolution
Mundane envisage de commercialiser le robot et l’exosquelette sous forme de location. Les entreprises clientes conserveraient leurs opérateurs qualifiés et leurs procédures internes. Le système permettrait, si le client le souhaite, d’enregistrer les gestes réalisés pour automatiser ultérieurement les tâches répétitives. Ainsi, l’opérateur passerait progressivement de l’exécution complète à la supervision, puis à la reprise en main de certaines séquences.
Enjeux et limites
Aucun chiffre officiel n’a encore été publié concernant la charge utile, la LatenceDélai entre l'envoi d'une requête à un système et l'obtention d'une réponse ou du début de celle-ci. maximale, l’autonomie, la portée de téléopération ou la résistance du robot aux environnements industriels. Aucun déploiement client vérifiable n’accompagne la présentation. Le retour d’effort à distance impose des exigences fortes en termes de stabilité, de réseau et de sécurité fonctionnelle, surtout lorsqu’on manipule des outils puissants. La valeur réelle du dispositif dépendra de la vitesse d’exécution, de la fatigue ressentie par l’opérateur dans l’exosquelette et du coût total comparé à des robots spécialisés déjà disponibles.
Une démonstration contrôlée a montré l’interface, mais ce ne seront que des essais prolongés chez des industriels qui confirmeront la fiabilité de ce « second corps » dans des conditions réelles.





