Le dimanche 25 octobre, le Brooklyn Bridge Park a accueilli le FF All‑New Futurist, le premier humanoïde de Faraday Future présenté en pleine rue. Le robot, long de 1,74 m, a parcouru les allées, chanté pour des enfants et même dansé avec le public. Malgré une mise en scène qui rappelait une sortie autonome, le dispositif était piloté à distance par Hong Rao, directeur technique de la société.

Une démonstration sous télécommande

Le New York Post a repéré un petit contrôleur tenu par Hong Rao, confirmant que le robot n’était pas encore autonome. Cette précision est importante : la mobilité du FF All‑New Futurist est avérée, mais il ne peut pas encore prendre de décisions critiques sans l’intervention d’un opérateur. L’expérience montre surtout que le public accepte un robot de cette taille dans un espace très fréquenté, ce qui est un premier pas vers des interactions plus naturelles.

Objectifs affichés et limites actuelles

Faraday Future présente cet essai comme une phase d’apprentissage visant à faire du robot un compagnon, un enseignant ou un assistant pour les familles. Dans le parc, le robot a testé des comportements sociaux simples – saluer, chanter, poser pour des photos – dans un environnement moins contrôlé qu’un salon professionnel. Cependant, aucune donnée n’a été fournie sur la capacité du robot à surveiller un enfant ou à enseigner sans supervision. La perception, la prise de décision sécurisée et la responsabilité restent des enjeux non résolus.

Caractéristiques techniques et prix

Le FF All‑New Futurist est proposé à partir de 89 900 $, selon la fiche officielle. Il propose deux configurations de degrés de liberté : 31 ou 51, avec la version la plus articulée pouvant atteindre 71 degrés grâce à des mains avancées. Son architecture logicielle intègre un modèle vision‑langage‑action, un modèle du monde et la commande corporelle NVIDIA SONIC. Sur le plan matériel, il dispose d’une batterie double de 1 152 Wh et d’un couple maximal de 320 Nm sur les articulations, ce qui laisse entrevoir une autonomie raisonnable, même si aucun chiffre concret n’a été communiqué.

Une offre robotique indépendante de l’automobile

Depuis septembre, Faraday Future a élargi son portefeuille avec plusieurs humanoïdes et des robots quadrupèdes. La gamme robotique comprend désormais le All‑New Futurist, des modèles éducatifs plus abordables et des machines d’inspection. Cette diversification marque un virage pour l’entreprise, historiquement connue pour ses voitures électriques, vers une activité robotique à part entière.

Que démontre réellement le test de Brooklyn ?

Le passage du robot parmi les visiteurs du parc constitue une preuve de concept : le produit existe, il a un prix public et il possède une plateforme technique détaillée. En revanche, il ne s’agit ni d’un lancement commercial, ni d’une validation des usages de garde d’enfants avancés par Faraday Future. La démonstration a surtout montré que le robot peut interagir de façon ludique avec le public, mais la sécurité, la fiabilité et la capacité à remplacer une présence humaine restent à prouver.

Perspectives pour les prochains mois

Le vrai défi pour Faraday Future sera de publier des métriques objectives : heures de fonctionnement sans intervention, scénarios de sécurité, performances sur des tâches concrètes. Un test qui se concentrerait sur l’autonomie réelle du robot, sans opérateur à proximité, serait plus révélateur que la chorégraphie du dimanche. En attendant, le passage du FF All‑New Futurist à Brooklyn confirme que les humanoïdes grand public passent progressivement du laboratoire aux espaces publics, même si le chemin vers une adoption généralisée reste long.

Cette première exposition publique montre que Faraday Future possède les bases d’un robot capable d’interagir avec les gens, mais qu’il faut encore attendre des données tangibles avant d’envisager des scénarios d’assistance quotidienne.