Après que les autorités chinoises aient bloqué le projet initial de cession de la division ABB Robotics à SoftBank, les deux groupes examinent une nouvelle option : exclure la partie chinoise du deal. Cette hypothèse, relayée par Bloomberg et confirmée par Reuters, reste à ce jour une piste de négociation, sans accord définitif.
Pourquoi la Chine pose problème
ABB Robotics, filiale industrielle basée à Zurich, emploie près de 7 000 personnes et possède un site de production et de R&D à Shanghai. La Chine représente non seulement un important marché pour les robots industriels, mais aussi une plateforme de fabrication clé. Les autorités de Pékin ont ainsi bloqué le transfert complet de la branche, invoquant des considérations de souveraineté technologique similaires à celles observées dans le secteur des semi‑conducteurs.
Le découpage proposé
Le scénario étudié consisterait à vendre à SoftBank le périmètre hors Chine, tout en laissant à ABB la partie locale. Un tel découpage implique de définir quels actifs – usines, brevets, contrats clients, licences logicielles – resteront en Chine. Il faut également renégocier les accords d’approvisionnement et les droits d’accès aux logiciels, afin d’éviter la rupture des chaînes de valeur entre les deux entités.
Conséquences financières
Le prix annoncé initialement était de 5,375 milliards de dollars pour l’ensemble de la division. En retirant la Chine, la valeur de l’opération devrait diminuer, même si les chiffres exacts restent confidentiels. SoftBank obtiendrait ainsi une « brique » plus restreinte mais toujours stratégique pour son ambition d’Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision. physique, tandis qu’ABB conserverait un accès direct à un marché en forte croissance.
Impacts pour les acteurs du secteur
Le cas ABB‑SoftBank illustre la manière dont les actifs robotiques sont désormais perçus comme stratégiques. Les robots industriels combinent mécanique, capteurs, logiciels de contrôle et, de plus en plus, modèles d’IA. Leur transfert suscite donc des enjeux de sécurité et de contrôle technologique, ce qui explique la vigilance accrue des régulateurs.
Pour les clients industriels, la séparation pourrait se traduire par une continuité d’approvisionnement, à condition que les licences et le support technique soient maintenus. En revanche, les partenaires locaux en Chine pourraient voir leurs relations contractuelles révisées, avec un impact potentiel sur les délais de livraison ou les coûts.
Perspectives
Tant que les deux parties n’auront pas communiqué une structure définitive, le rachat demeure suspendu. La prochaine étape consistera à publier un plan détaillé indiquant le périmètre retenu, le calendrier de mise en œuvre et la nouvelle valorisation. Cette évolution sera scrutée de près par les observateurs du marché de la robotique, qui attendent de voir comment les contraintes géopolitiques vont façonner les futures fusions‑acquisitions dans le secteur.
En résumé, le découpage envisagé offre une issue possible au blocage chinois, mais il introduit une série de négociations techniques et financières qui pourront retarder la conclusion de l’accord.





