Le 30 octobre 2026, le pape Léon XIV a pris la parole dans la Salle des Papes à Genève, lors d’une rencontre intitulée « The Future of Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision.: A Dialogue Between the Vatican and the Scientific World on the Developments and Applications of Intelligent Technologies ». Organisée par l’Académie pontificale pour la vie et le Future of Life Institute, cette réunion a réuni des experts, des décideurs et des représentants d’institutions de plusieurs pays.

Un appel à la responsabilité humaine

Le souverain pontifical a rappelé le discours du pape François du 14 juin 2024 devant le G7, où l’on soulignait que la décision de prendre une vie humaine ne devait jamais être confiée à une machine. En s’appuyant sur son encyclique Magnifica Humanitas (15 mai 2026), Léon XIV a exposé cinq considérations qui, selon lui, devraient guider le développement de l’intelligence artificielle.

Les cinq considérations du pape

  1. Un futur non prédéterminé – L’IA dépend des choix humains. Le pape insiste sur la nécessité de déterminer quel but l’on veut servir, plutôt que de se focaliser sur les capacités techniques. Il met en garde contre une course à la performance qui laisserait des populations en marge.

  2. Des machines, pas des personnes – Les systèmes d’IA ne ressentent ni joie, ni douleur, n’expérimentent pas les relations humaines. Accorder des droits ou une personnalité juridique à ces systèmes risquerait de masquer la responsabilité des créateurs et d’obliger les victimes à se tourner vers des entités dépourvues de visage humain.

  3. Human in the LoopApproche intégrant une intervention humaine dans le fonctionnement, la validation ou les décisions d'un système automatisé. indispensable – Toute décision qui touche à la vie, à la liberté ou à l’usage de la force doit rester sous contrôle humain éclairé. Le pape a donc appelé les États présents à Genève en novembre à prendre des mesures concrètes pour interdire les armes autonomes létales, qualifiant l’IA de « désarmée » lorsqu’elle est utilisée à des fins meurtrières.

  4. Le bien commun avant tout – Les technologies intelligentes doivent être orientées vers le bien commun et ne pas devenir des fins en soi. L’encyclique souligne que la justice impose un accès équitable aux bénéfices de l’innovation, notamment en matière de santé, d’éducation et d’opportunités économiques.

  5. Des institutions capables d’agir – Les principes éthiques existent déjà, mais il manque des structures internationales capables de les appliquer. Le pape plaide pour des standards partagés, une surveillance indépendante et des mécanismes de responsabilité afin que chaque décision concernant l’IA puisse être examinée et, le cas échéant, contestée.

Contexte de l’encyclique

Magnifica Humanitas s’inscrit dans la lignée de Rerum Novarum (1891) de Léon XIII, célébré pour son 135e anniversaire en 2026. Le texte souligne que, contrairement à l’époque où l’État guidait majoritairement l’innovation, aujourd’hui ce sont les acteurs privés, souvent transnationaux, qui dominent le paysage technologique. Cette mutation rend le contrôle public plus difficile et accentue le besoin d’une gouvernance internationale.

Implications pour les lecteurs de PassionTech

Pour les passionnés de technologie, cet appel du Vatican rappelle que chaque avancée technique comporte une dimension éthique. Les développeurs d’IA, les entreprises et les législateurs sont invités à réfléchir à l’usage final de leurs créations et à mettre en place des garde-fous dès les phases de conception. Les discussions prévues à Genève en novembre seront l’occasion de voir si des accords concrets émergeront, notamment concernant les systèmes d’armement autonomes.

Le débat ouvert par le pape Léon XIV montre que la question de l’IA ne se limite plus aux sphères scientifiques ou commerciales ; elle touche aux fondements mêmes de la dignité humaine et à la manière dont les sociétés décident de protéger leurs citoyens. Le prochain sommet de Genève en novembre sera l’occasion de mesurer les avancées concrètes.

Une lecture à partager ?
Partager
Partager cet article
WhatsApp ↗LinkedIn ↗Facebook ↗X ↗E-mail ↗

POUR CONTINUER

Garder le fil.

Toutes les actus ↗