Depuis le début de 2025, le groupe de construction Kajima utilise quotidiennement les robots autonomes développés par FieldAI sur plus de dix sites au Japon. En un an, plus de 2 000 missions ont été exécutées, couvrant des rondes de surveillance, la capture d’images à 360 °, la génération de nuages de points 3D et la mise à jour de relevés lorsque le chantier évolue. Cette utilisation passe de la phase d’expérimentation à une exploitation continue, avec des machines qui s’adaptent aux changements quotidiens des structures, des matériaux et des zones d’accès restreint.

Une architecture autonome polyvalente

Le cœur du système repose sur une unité d’autonomie interchangeable qui peut être montée sur plusieurs modèles de robots. Des caméras haute résolution scrutent l’environnement tandis qu’un lidar mesure les distances et construit en temps réel un nuage de points. Le traitement des données se fait localement sur un calculateur embarqué, ce qui élimine la dépendance permanente à une connexion cloud. Cette approche permet aux robots de circuler à l’intérieur de bâtiments, en sous‑sol ou dans des zones où le GPS est inexistant et les communications sont dégradées.

FieldAI décrit son modèle comme une combinaison d’apprentissage à partir des données, de raisonnement physique et d’estimation de l’incertitude. En pratique, le robot peut rencontrer une situation jamais vue pendant l’TrainingProcessus durant lequel un modèle ajuste ses paramètres à partir de données afin d'améliorer ses performances., mais il conserve une marge de sécurité suffisante pour s’arrêter ou demander l’intervention d’un opérateur.

Des missions déjà réalisées

Lors de la première mise en service, le robot a exploré une zone inconnue, produit une carte 3 D et a répété plusieurs rondes en évitant les obstacles. À chaque passage, il prend des photographies à 360 °, met à jour le nuage de points et revient automatiquement à sa station de charge. Les données sont ensuite transférées vers une interface web accessible depuis une tablette ou un ordinateur, où les responsables peuvent suivre l’avancement des travaux, vérifier les dimensions et visionner la vidéo en direct.

Outre le suivi quotidien, Kajima teste des patrouilles de sécurité en dehors des heures de travail. En cas d’anomalie, le robot déclenche un signal lumineux et sonore, puis envoie les images aux responsables qui décident de l’intervention humaine. L’entreprise cite également des missions d’inspection après des catastrophes naturelles, comme un séisme ou de fortes pluies. Le robot peut pénétrer rapidement dans une zone dont la sécurité n’est pas encore confirmée, fournir un premier état des lieux et éviter d’exposer immédiatement les équipes humaines.

Vers une adoption à grande échelle

Le chiffre de plus de 2 000 missions montre que l’autonomie a été confrontée à la variabilité réelle des chantiers. Les prochains défis seront de quantifier le gain de temps, de mesurer la réduction du taux d’intervention humaine et d’évaluer la disponibilité des machines sur le long terme. Si la même couche logicielle peut piloter plusieurs plateformes sans adaptation lourde, le coût de déploiement de la robotique dans la construction pourrait diminuer de manière significative.

En pratique, les équipes de chantier gagnent en visibilité sur l’avancement des travaux et bénéficient d’un outil de première alerte en cas de problème. La capacité à générer des relevés 3 D en temps réel ouvre la porte à des simulations plus précises et à une meilleure coordination entre les différents corps de métier.

Les prochains mois permettront de vérifier si ces robots pourront être intégrés dans les standards de suivi de projet et si d’autres acteurs du BTP adopteront une approche similaire.

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