À partir du premier semestre 2027, les établissements éducatifs qui souhaitent conserver l’accès à Google Search pour leurs élèves devront accepter l’intégration de l’Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision.. Google désactive par défaut les services Gemini, Gemini Notebook et la recherche traditionnelle sur les comptes étudiants, ne laissant aux écoles que deux options : une recherche enrichie d’un aperçu IA complet et d’un chat, ou un mode « Guided Learning » qui oriente les élèves sans leur fournir directement les réponses.

Le choix imposé aux établissements

Le géant de la recherche a annoncé que les comptes Google Workspace for Education pourront réactiver les services un par un, mais qu’une version de la recherche sans IA ne sera plus disponible. Chris Phillips, vice‑président de la division Éducation, a expliqué que « search and AI have become too tightly fused to pull apart », soulignant l’interdépendance technique entre le moteur de recherche et les fonctionnalités d’IA.

Cette décision intervient après que Google a récemment activé par défaut les fonctionnalités IA dans Classroom pour les écoles disposant d’un accès Gemini. Le retour d’expérience a été mitigé, plusieurs établissements exprimant leur mécontentement. Face à la pression, Google a revu sa position et propose désormais deux modes de recherche : le premier délivre un résumé généré par Gemini et un assistant conversationnel, le second propose des suggestions de pistes de réponse afin de guider l’élève.

Contexte du marché éducatif américain

Google détient une position dominante aux États-Unis grâce aux Chromebook, Gmail et Classroom, qui équipent la majorité des établissements publics et privés. Cette hégémonie rend la décision d’ajouter ou non l’IA à la recherche particulièrement lourde de conséquences. Le professeur en sciences de l’éducation Morgan Polikoff a qualifié cette mesure de « textbook case of the tech industry shoving AI onto people whether they want it or not », rappelant le risque d’un verrou technologique imposé aux écoles.

Deux des plus grands districts scolaires du pays, New York City et Los Angeles, avaient déjà limité l’usage de l’IA pour les élèves en septembre 2023. Los Angeles souhaitait continuer à offrir une recherche sans résumés IA, mais la nouvelle politique de Google empêche désormais ce choix.

Impacts concrets pour les élèves et les enseignants

Pour les enseignants, le mode « Guided Learning » pourrait être utile : il pousse les élèves à formuler leurs propres réponses tout en restant dans le cadre d’une recherche structurée. Cependant, l’absence d’une version de recherche purement textuelle pourrait contraindre les pédagogues qui préfèrent laisser les élèves naviguer librement sur le Web.

Du côté des élèves, l’accès à des résumés automatiques et à un chat IA peut accélérer la compréhension de sujets complexes, mais soulève également des questions d’intégrité académique. Un aperçu généré par IA peut parfois masquer les sources ou simplifier à l’excès, ce qui rend l’enseignement de la vérification des informations encore plus crucial.

Enjeux de régulation et perspectives

Cette évolution s’inscrit dans un débat plus large sur la régulation de l’IA dans l’éducation. Alors que les législateurs américains commencent à examiner les pratiques des géants du numérique, la décision de Google montre que les acteurs privés peuvent également façonner les règles du jeu. Si aucune alternative de recherche sans IA n’est proposée, les districts qui refusent l’IA pourraient se retrouver sans accès à l’un des outils les plus répandus pour la recherche en ligne.

En pratique, chaque école devra évaluer les bénéfices pédagogiques des deux modes proposés contre les contraintes liées à la perte d’une recherche non assistée. Le débat autour de la transparence des algorithmes, de la protection des données des mineurs et de l’équité d’accès aux technologies continuera probablement à influencer les décisions des autorités éducatives.

Dans les mois à venir, les districts devront donc choisir entre accepter l’IA comme partenaire de recherche ou chercher des solutions alternatives, comme des moteurs de recherche open source ou des plateformes éducatives indépendantes, pour garantir aux élèves un accès fiable à l’information.

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