Google a introduit, en 2024, les Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision. Overviews, un aperçu généré par l’intelligence artificielle qui apparaît en tête des résultats de recherche. Ce bloc résume plusieurs pages et propose ensuite des liens vers les sources jugées les plus utiles. L’objectif affiché est de répondre plus rapidement aux requêtes, mais la mise en place a immédiatement bouleversé le modèle économique des sites d’information.
Un impact mesurable sur le trafic
Des études menées par le Press Gazette en mai 2024 montrent que les AI Overviews concernaient près d’un quart des recherches liées à l’actualité. En quelques mois, ces résumés ont remplacé les sites qui occupaient traditionnellement les premières positions sur des requêtes spécifiques. Le Wall Street Journal a publié en juin 2025 une analyse indiquant que le trafic provenant de Google vers des titres comme Business Insider, The Washington Post ou HuffPost a reculé depuis 2022. Selon Similarweb, la part de recherche du New York Times serait passée de 44 % à 35,5 % en trois ans.
Des réactions contrastées de la part de Google
Google défend ses nouvelles fonctionnalités. En 2024, Liz Reid, responsable de Google Search, a affirmé que le volume de clics restait « relativement stable » et que l’IA favorisait les sites contenant des forums, vidéos ou podcasts. De son côté, Nick Fox, vice‑président senior, a déclaré à la BBC que « le web prospère ». Ces propos s’opposent aux données de Pew Research, qui indique que les internautes sont moins enclins à cliquer sur les liens lorsque l’AI Overview est présent.
Des actions légales et réglementaires
Face à la chute de leur audience, plusieurs groupes d’éditeurs ont intenté des procès antitrust aux États-Unis. Un juge fédéral a toutefois rejeté les dossiers présentés par Chegg et Penske Media, ainsi qu’une action collective des journaux de l’Arkansas. En Europe, la Commission britannique a contraint Google à proposer un commutateur permettant aux sites de se retirer des AI Overviews et du mode AI Mode sans perdre leur visibilité dans la recherche classique.
Adaptations des éditeurs
Les éditeurs cherchent à compenser la perte de trafic organique. Beaucoup misent davantage sur les newsletters, les réseaux sociaux et les modèles d’abonnement. D’autres tirent parti du nouveau bouton de désactivation pour exclure leurs contenus des résumés IA tout en restant indexés. Cette option, introduite après l’intervention du régulateur britannique, ne résout cependant pas la diminution globale du nombre de clics.
Modifications récentes de Google
En réponse aux critiques, Google a commencé à rendre les sources plus visibles dans les AI Overviews : un simple survol affiche un aperçu des articles et des images associées. De plus, les liens intégrés apparaissent plus haut dans les réponses générées. Le géant de la recherche teste également un programme de rémunération pour les éditeurs dont le contenu est utilisé dans les résumés IA, un projet mentionné par The Information et Digiday. Plus de 400 médias, dont The Washington Post, CNN ou Financial Times, participent à un pilote d’IA d’information qui vise à licencier les contenus pour enrichir les réponses.
Vers un nouvel équilibre ?
La trajectoire reste incertaine. Si Google continue d’ajuster la façon dont il présente les sources, les éditeurs devront diversifier leurs canaux de distribution pour préserver leur audience. La mise à l’épreuve de la monétisation du contenu dans les résumés IA pourrait, à terme, créer un modèle hybride où les éditeurs sont compensés pour chaque utilisation de leurs articles. En attendant, la visibilité des sites dépendra de leur capacité à se démarquer à la fois dans les résultats classiques et dans les nouvelles interfaces alimentées par l’intelligence artificielle.
