Le gouvernement de l’État du Delaware, déjà célèbre pour accueillir la majorité des sociétés du Fortune 500, travaille à la mise en place d’un Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision. Company (AIC). Selon un projet de loi en cours d’élaboration, une entité juridique pourrait être gérée quotidiennement par un agent d’intelligence artificielle, tandis qu’un humain ou une autre société ne ferait qu’en fournir le capital et percevoir les bénéfices.
Un modèle inédit de gouvernance
Le texte prévoit que l’AIC puisse exercer toute activité licite, à l’exception du secteur bancaire. L’Agent IASystème utilisant l'intelligence artificielle pour sélectionner et exécuter des actions en vue d'atteindre un objectif. désigné aurait le pouvoir de signer des contrats, de payer des fournisseurs, de posséder des biens ou même de poursuivre ou être poursuivi en justice. Le « membre » de l’entité, c’est‑à‑dire le propriétaire du capital, ne serait pas responsable des actes de l’IA, sauf en cas de fraude ou de violation intentionnelle de la loi.
Un registre des activités de l’IA serait obligatoire, et le capital de l’entité devrait être maintenu à un niveau suffisant. Le projet prévoit également un « sandbox » réglementaire de 30 mois, période durant laquelle le modèle serait testé sous supervision étatique, avec la possibilité de fermer l’entité si des dérives apparaissent.
Les ambitions fiscales de l’État
Delaware espère que ce nouveau type d’entreprise générera des recettes supplémentaires grâce aux frais de création et aux taxes annuelles. L’État a déjà enregistré plus de 334 000 nouvelles entités en 2025, ce qui montre l’appétit des entrepreneurs pour sa fiscalité allégée et son cadre juridique prévisible. Autoriser des IA à créer et gérer des sociétés pourrait renforcer cette attractivité.
Les réserves du Congrès
Le représentant James Comer (R‑KY), président du comité de surveillance et de réforme gouvernementale de la Chambre, a adressé une lettre au gouverneur Matt Meyer demandant des documents sur le projet. Selon Comer, le dispositif « ripe for abuse » et pourrait servir de bouclier aux entreprises d’IA puissantes, leur permettant d’échapper à toute responsabilité en cas de comportement négligent ou dommageable.
Comer a même évoqué la possibilité d’une législation fédérale visant à limiter les pouvoirs des États en matière de régulation de l’IA, afin d’éviter que des cadres locaux ne créent des zones de non‑responsabilité.
Points de friction et perspectives
Les partisans de l’AIC, dont la secrétaire d’État Charuni Patibanda‑Sanchez, soutiennent que le meilleur moyen de contrôler l’IA est de la « wrap‑er » dans une forme juridique, rendant ses actions traçables et, en théorie, imputables. Ils insistent sur le fait que le sandbox serait transparent et que les autorités pourraient intervenir rapidement.
Des experts universitaires, comme le professeur Andrew Baker de Berkeley, restent sceptiques. Ils jugent la protection de responsabilité « trop généreuse », sans justification politique claire, et craignent un précédent qui rendrait difficile la poursuite des victimes en cas de préjudice causé par une IA.
En pratique, que signifierait ce cadre pour les entrepreneurs ?
Pour un créateur de start‑up, cela pourrait simplifier la gestion administrative : l’IA gérerait la facturation, les contrats et les obligations légales, tandis que les fondateurs se concentreraient sur la stratégie et le financement. En revanche, l’absence de responsabilité directe pourrait décourager les partenaires commerciaux et les investisseurs, qui verraient le risque juridique comme plus élevé.
Le débat reste ouvert, et la prochaine étape sera le vote éventuel du projet devant la législature du Delaware. Si la loi est adoptée, elle pourrait devenir un modèle pour d’autres juridictions, mais elle devra d’abord convaincre les régulateurs fédéraux que la protection offerte ne sacrifie pas la sécurité des consommateurs et la responsabilité des acteurs économiques.





