Lors de son Innovation Day à Shanghai, le fabricant chinois AGIBOT a présenté le G2 Max, son nouveau robot industriel mobile doté de deux bras articulés, ainsi qu’une nouvelle unité de mesure de la productivité robotique baptisée Worken. L’objectif affiché est de pousser le débat au‑delà du simple nombre de machines livrées pour se concentrer sur le travail réellement accompli.

Un robot conçu pour la manutention lourde

Le G2 Max possède 21 degrés de liberté, ce qui lui permet de déplacer des charges combinées allant jusqu’à 40 kg. Sa hauteur de travail s’ajuste de 10 cm à 2,5 m, offrant une grande souplesse d’installation dans des ateliers ou des entrepôts déjà équipés. Parmi les nouveautés, AGIBOT a ajouté un contrôle en force, une base omnidirectionnelle et plusieurs fonctions de sécurité, notamment la détection d’obstacles et l’arrêt d’urgence, afin de faciliter l’intégration avec les systèmes existants.

Le constructeur cite des cas d’usage typiques : transport de composants, manutention en entrepôt et opérations autour des palettes. Des robots de la même famille G2 sont déjà visibles sur des lignes de production de tablettes chez Longcheer, dans le conditionnement de semi‑conducteurs, devant des machines‑outils ou en logistique. Ces environnements exigent le respect de temps de cycle, la réduction des interventions humaines répétitives et le maintien de la qualité sur de longues séquences.

Worken : une façon de mesurer le travail utile

Worken se base sur une formule simple : nombre de robots actifs × nombre d’heures autonomes × ratio d’efficacité. Une machine allumée mais inactive ne compte pas. L’efficacité compare le résultat réel du robot à une référence définie pour la tâche, par exemple la production d’un opérateur humain dans les mêmes conditions.

AGIBOT ne prétend pas que Worken soit une norme officielle ; il le présente comme un cadre évolutif destiné à rendre visibles les écarts masqués par les simples chiffres de livraison. Deux flottes de même taille peuvent ainsi afficher des performances très différentes si l’une nécessite de fréquentes reprises humaines ou reste immobilisée entre deux missions.

Au‑delà du simple comptage de machines

Le véritable intérêt de Worken réside dans la question qu’il soulève pour les acheteurs : combien de temps le robot produit‑il un résultat exploitable sans assistance ? Cette interrogation dépasse la simple démonstration ou la quantité de robots livrés. Elle oblige les décideurs à prendre en compte l’autonomie réelle, la constance de la qualité et la capacité à s’insérer dans des flux de production existants.

Toutefois, la métrique doit encore prouver qu’elle peut comparer des tâches très différentes. Une heure de manutention ne vaut pas forcément une heure d’accueil du public, même si les deux utilisent la même unité de mesure. Le cadre Worken devra donc être affiné pour tenir compte des spécificités de chaque application.

Une vision plus large de l’intelligence embarquée

En parallèle du G2 Max, AGIBOT a présenté son troisième modèle humanoïde, l’AHA3, qui combine locomotion, interaction et manipulation. Le robot intègre le Wi‑Fi 6, la 5G, un refroidissement liquide des articulations et une protection IP67. Les nouvelles mains OmniHand 3 et la pince tactile OmniPicker 3 complètent le matériel.

Le système d’exploitation Link‑U OS 1.0, qui doit relier toutes ces briques, sera ouvert d’ici la fin de 2026. Cette ouverture devrait encourager les partenaires à développer des solutions spécifiques, notamment dans les domaines de la vision, du langage naturel et de la coordination des mouvements.

En résumé, le G2 Max apporte une capacité de manutention lourde et flexible, tandis que la métrique Worken propose une nouvelle façon d’évaluer la productivité réelle des robots. Le succès de ces innovations dépendra de leur capacité à s’intégrer dans des environnements industriels variés et à offrir des données fiables aux décideurs.

Perspectives

Si les premiers retours confirment la robustesse du G2 Max et la pertinence de Worken, la prochaine étape consistera à voir comment d’autres fournisseurs et clients adopteront ce cadre de mesure. Une adoption large pourrait, à terme, standardiser la façon dont la productivité robotique est quantifiée, au bénéfice d’une meilleure transparence dans le secteur.

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