Les chiffres publiés par Uber lors de l’appel sur les résultats du troisième trimestre 2026 montrent que les agents d’Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision. externes n’ont commandé que quatre trajets et environ 500 livraisons Uber Eats, sur un total de 320 millions de courses et livraisons. Cette première divulgation chiffrée permet de relativiser les craintes de « désintermédiation » qui circulent dans la presse technologique.

Un volume négligeable pour le moment

Quatre courses, c’est l’équivalent d’une poignée de kilomètres parcourus, et 500 livraisons représentent moins de 0,001 % de l’activité globale d’Uber. En comparaison, le service a traité près de 300 millions de courses de transport et plus de 20 millions de livraisons de repas sur la même période. Les agents IA tels que Muse de Meta ou Dots d’OpenAI ne sont donc pas encore une alternative viable pour la majorité des utilisateurs.

Pourquoi les plateformes résistent

Les dirigeants d’Uber ont rappelé qu’ils restent ouverts à la collaboration avec des développeurs tiers, à condition que l’accès à leurs API ne mette pas en danger la relation directe avec les clients. Dara Khosrowshahi a souligné que l’expérience « délicieuse et simple » du client Uber doit rester le facteur différenciant. Le risque d’une concurrence indirecte via des bots passe donc par la capacité des tiers à offrir une expérience au moins équivalente, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Les frictions techniques restent lourdes

Les agents IA doivent encore surmonter plusieurs obstacles : authentification sécurisée, gestion des paiements, conformité aux réglementations locales et adaptation aux variations de disponibilité des conducteurs. Chaque étape représente un point de friction qui décourage les utilisateurs de confier leurs trajets à un intermédiaire automatisé. De plus, Uber ne voit aucun incitatif à ouvrir davantage son écosystème, tant que la marge d’erreur reste élevée.

L’avenir des assistants IA chez Uber

Parallèlement, Uber développe ses propres outils d’IA, comme le « Cart Assistant » d’Uber Eats, qui transforme une photo de recette en liste de courses. Cette initiative montre que l’entreprise préfère intégrer l’IA en interne plutôt que de laisser des acteurs externes détourner ses clients. Si les assistants internes gagnent en pertinence, ils pourraient renforcer la fidélité à la plateforme tout en limitant les opportunités de désintermédiation.

En définitive, les données du trimestre indiquent que les agents IA restent une curiosité marginale. Les prochains mois permettront de voir si les améliorations d’API et les incitations commerciales pousseront les développeurs à proposer des services plus attractifs, ou si Uber continuera à monopoliser l’expérience utilisateur grâce à ses propres solutions d’intelligence artificielle.

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