DoorDash a annoncé l’acquisition d’Instacart pour environ 17 milliards de dollars. Cette opération place le service de livraison de repas, qui s’est diversifié vers les courses, face à un concurrent direct déjà bien implanté dans le secteur de l’épicerie en ligne.
Un duo qui rassemble livraison et plateforme de courses
Instacart possède un réseau de partenaires de supermarchés et une application largement utilisée aux États-Unis et au Canada. En intégrant ce catalogue, DoorDash affirme que ses utilisateurs pourront accéder à plus de 50 000 magasins supplémentaires. Les deux programmes d’abonnement – DashPass et Instacart Plus – seront également regroupés, permettant aux clients de ne payer qu’un seul frais d’adhésion.
Le PDG d’Instacart, Chris Rogers, a indiqué que la transaction vise à rendre les courses en ligne « plus fluides et plus abordables » pour des millions de foyers. DoorDash, quant à lui, promet de conserver la marque Instacart ainsi que son application, évitant ainsi une fusion technique qui pourrait perturber les utilisateurs actuels.
Qu’est‑ce que cela change pour les commerçants ?
Selon le communiqué, les épiciers locaux ne seront pas contraints à l’exclusivité sur une plateforme. Ils pourront continuer à travailler avec DoorDash ou Instacart, ou les deux. Cette flexibilité vise à rassurer les petits commerçants qui craignent d’être absorbés par un acteur trop dominant. Les livreurs d’Instacart conservent également la liberté de choisir leurs heures et les commandes qu’ils souhaitent accepter, y compris les missions DoorDash.
Le contexte concurrentiel
DoorDash était déjà présent dans le secteur des courses grâce à son service interne, mais il se heurte à une concurrence féroce : Amazon Fresh, Walmart Grocery, Uber Eats et le même Instacart. La décision de racheter Instacart apparaît comme une tentative de consolider sa position avant que d’autres géants ne renforcent leurs propres offres. Le marché de la livraison d’épicerie reste dominé par des marges serrées, et les acteurs les plus forts s’appuient sur des réseaux logistiques et des technologies d’Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision. pour optimiser les tournées.
Tony Xu, PDG de DoorDash, a rappelé que « la plupart des achats d’épicerie se font encore en magasin, mais de plus en plus de consommateurs commandent en ligne ». Il a souligné que les grandes enseignes, en développant leurs propres flottes et services d’abonnement, créent un environnement où les détaillants de petite taille ont besoin d’un partenaire technologique capable de gérer la chaîne logistique.
Perspectives d’avenir
La transaction doit être finalisée d’ici la fin 2027 ou le premier semestre 2028, sous réserve d’approbation réglementaire. Si les autorités la laissent passer, DoorDash pourra proposer une offre unifiée, potentiellement plus attractive pour les consommateurs soucieux de simplifier leurs dépenses quotidiennes. Pour les détaillants, l’enjeu sera de maintenir leur marge tout en profitant d’une visibilité accrue sur deux plateformes majeures.
En pratique, les foyers qui utilisent déjà DashPass ou Instacart Plus verront leurs frais fusionnés, mais devront s’adapter à une interface qui pourrait combiner les meilleures pratiques des deux services. La vraie mesure de succès résidera dans la capacité du groupe à garder la qualité de service lorsqu’il devra gérer un volume de commandes nettement supérieur à celui qu’il assure aujourd’hui.





