Le spectacle du Roadster « volant » lancé par SpaceX a attiré les regards du monde entier, mais l’enjeu réel d’Elon Musk se situe ailleurs : TransformerArchitecture de réseau neuronal reposant notamment sur des mécanismes d'attention pour traiter des séquences de données. la façon dont Tesla génère ses revenus. Au‑delà de la vente de voitures, la société mise désormais sur des services logiciels récurrents, un virage que l’ensemble de l’industrie automobile semble vouloir reproduire.
Un changement de cap déjà amorcé
Le groupe Tesla tire encore 75 % de son chiffre d’affaires de la vente de véhicules, mais le « golden goose » identifié par l’analyste Dan Ives (Yorkville Ives) réside dans la partie logicielle, où les marges sont nettement supérieures. Le logiciel Full Self‑Driving (FSD) illustre cette orientation : il est proposé aux conducteurs pour 99 $ par mois aux États-Unis, bien que la version actuelle exige toujours la vigilance du conducteur.
Adoption et chiffres clés
Selon les données communiquées par Tesla, plus de 75 % des nouvelles livraisons en Amérique du Nord sont équipées de la version supervisée du FSD. Le nombre d’abonnements actifs a atteint 1,7 million, soit une hausse de 67 % en un an. Bien que l’entreprise ne publie pas le revenu exact généré par ce service, Ives estime que chaque dollar de revenu FSD est valorisé 50 à 70 % de plus que le même montant issu de la vente d’une voiture, grâce à la récurrence et aux marges élevées.
Le défi réglementaire
L’expansion du FSD reste conditionnée à l’obtention d’autorisations dans les différents marchés. À ce jour, la version supervisée a reçu l’aval de plusieurs pays européens, dont les Pays‑Bas, mais le déploiement à l’échelle de l’Union européenne est retardé jusqu’en décembre. La version totalement autonome n’a encore reçu aucune approbation, et Tesla doit encore rivaliser avec des concurrents comme Xpeng, qui vise l’obtention d’une homologation EU pour son système XNGP.
Une possible fusion avec SpaceX ?
Cinq jours après le vol du Roadster, Musk a annoncé l’exploration d’une fusion entre Tesla et SpaceX. L’objectif affiché serait d’accélérer le développement de l’autonomie en combinant les expertises en Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision., matériaux et production. Selon William Blair, le regroupement pourrait donner à Musk le contrôle de plus de la moitié de la nouvelle entité, renforçant ainsi sa capacité à mobiliser des ressources financières importantes.
Risques et enjeux
Les observateurs soulignent les risques d’une telle alliance. Max Willson avertit que lier les fortunes de SpaceX et Tesla pourrait exposer les deux activités aux mêmes aléas liés aux paris sur l’IA. Un revers dans le domaine de l’intelligence artificielle pourrait alors impacter l’ensemble du groupe, alors même que les deux entreprises bénéficient de budgets considérablement supérieurs à ceux de leurs concurrents.
La concurrence se réorganise
Face à la montée en puissance des constructeurs chinois, notamment BYD et Xpeng, les géants automobiles traditionnels révisent leurs stratégies. General Motors a recruté l’ancien dirigeant de Tesla Sterling Anderson pour piloter une génération de voitures entièrement autonomes. BMW, Mercedes‑Benz et Volvo s’associent à des acteurs technologiques comme Qualcomm, Nvidia et Autobrains pour proposer des systèmes « Level 2 plus », qui exigent toujours la supervision du conducteur mais offrent des marges logicielles attractives.
Vers un modèle d’abonnement
Igal Raichelgauz, PDG d’Autobrains, explique que les constructeurs veulent passer d’un modèle purement transactionnel à un abonnement, où le logiciel « eyes‑off » deviendrait la principale source de revenu récurrent. Cette évolution permettrait de financer la recherche coûteuse en IA et de maintenir une différenciation technologique, tout en offrant aux clients des mises à jour continues.
En résumé, le Full Self‑Driving de Tesla représente aujourd’hui le levier le plus prometteur pour transformer le modèle économique du constructeur, mais son succès dépendra davantage de l’obtention d’autorisations réglementaires que de la simple volonté d’Elon Musk.
