Schaeffler a annoncé, dans ses résultats du 3 novembre, que son carnet de commandes dans la robotique humanoïde s’est élargi au cours des neuf premiers mois de 2026. Le groupe ne précise pas les clients ni les montants, mais le directeur général Klaus Rosenfeld confirme que l’entreprise continue de développer ce segment, qu’elle considère désormais comme un relais de croissance face à la pression qui pèse sur son activité automobile traditionnelle.

Une stratégie double

Le fabricant allemand fournit déjà des composants mécaniques et électromécaniques – articulations, actionneurs, transmissions – aux constructeurs de robots. En parallèle, il teste l’intégration de ces humanoïdes dans ses propres usines. Cette double approche lui permet de vendre des pièces tout en évaluant, sur le terrain, la répétabilité, la maintenance, la sécurité et l’interopérabilité avec les équipements industriels existants. Le retour d’expérience issu de ses lignes de production pourrait accélérer la standardisation des pièces de robotique, un domaine où la plupart des acteurs travaillent encore sur des prototypes.

Un contexte automobile difficile

Sur la même période, Schaeffler a réalisé 17,48 milliards d’euros de chiffre d’affaires, stable par rapport à l’an dernier. Son résultat opérationnel a progressé de 6,5 % pour atteindre 794 millions d’euros. Toutefois, la division chaîne de traction et châssis a reculé, victime de la baisse des technologies liées aux moteurs thermiques. CNBC rapporte que le groupe prévoit de supprimer 3 460 postes en Europe et de fermer cinq sites, tout en créant des emplois dans les secteurs jugés d’avenir, dont la robotique humanoïde. Ainsi, la robotique ne remplace pas immédiatement les volumes automobiles, mais représente une voie de diversification pour exploiter le savoir‑faire en roulements, réducteurs et production en série.

Les défis de l’industrialisation

Le signal commercial est clair, mais les détails restent flous. Schaeffler n’a pas encore indiqué la part du chiffre d’affaires attribuée aux humanoïdes, ni le calendrier de livraison des nouvelles commandes. Les fabricants devront encore TransformerArchitecture de réseau neuronal reposant notamment sur des mécanismes d'attention pour traiter des séquences de données. leurs prototypes en machines capables de fonctionner plusieurs milliers d’heures en usine, avec un taux de défaut minimal. Si plusieurs architectures convergent vers des composants standardisés, les fournisseurs capables de produire à grande échelle pourraient capter une part importante de la valeur ajoutée, même sans assembler le robot complet.

En résumé, Schaeffler mise sur la robotique humanoïde pour prolonger son expertise mécanique dans un marché émergent, tout en cherchant à tester ces technologies dans ses propres lignes de production. Le succès dépendra de la capacité des fabricants à livrer des machines fiables et de la vitesse à laquelle les standards industriels se concrétatiseront.

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