Le maire de New York, Zohran Mamdani, a choisi d’aborder l’Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision. sous l’angle de la régulation locale, à un moment où le gouvernement fédéral reste largement inactif. Lors d’une soirée au Webster Hall, le maire a répondu aux questions d’Ilana Glazer, comédienne et militante, sur les risques et les opportunités que l’IA représente pour la société.

Des mesures concrètes dans les écoles

En février dernier, Mamdani a signé un décret interdisant l’usage de l’IA dans les écoles primaires et intermédiaires de la ville. La décision s’appuie sur le sentiment d’inquiétude exprimé par les parents, dont Glazer, qui a décrit l’arrivée de ces outils comme "non consensuelle". Pour les éducateurs, la mesure signifie un retour à des méthodes d’enseignement traditionnelles, au moins jusqu’à ce que des cadres clairs soient établis. Aucun dispositif de substitution n’a été annoncé, ce qui laisse la porte ouverte à d’éventuelles adaptations futures, à condition qu’elles soient encadrées.

Transparence dans l’immobilier

L’été dernier, le maire a introduit une autre initiative : les propriétaires, les courtiers et les plateformes de location doivent désormais indiquer clairement lorsqu’une photo ou une vidéo d’un bien a été générée ou retouchée à l’aide d’une IA. Cette règle vise à protéger les locataires contre le « house‑phishing », c’est‑à‑dire les annonces trompeuses où l’aspect du logement est artificiellement amélioré. Les annonces devront comporter une mention explicite, ce qui devrait réduire les fraudes et offrir plus de transparence sur le marché immobilier new‑yorkais.

Un appel à la responsabilité des acteurs privés

Mamdani a rappelé que la diffusion rapide de l’IA n’est pas inévitable. Selon lui, les autorités publiques doivent contraindre les entreprises à rendre des comptes. Il a cité le bombardement d’une école en Iran, où une sur‑reliance sur des systèmes d’IA aurait contribué à la tragédie, selon une enquête du Pentagone relayée par Bloomberg. Ce rappel souligne les dangers d’une adoption précipitée sans évaluation des limites technologiques.

Le cadre fédéral absent

À l’échelle nationale, le débat se focalise souvent sur la compétition avec la Chine, reléguant les préoccupations humaines au second plan. Le maire a critiqué cette approche, la qualifiant de « abdication complète du droit fédéral ». Le Superintelligence Task Force lancé sous l’administration Trump, qui privilégie l’auto‑régulation des géants de l’IA, illustre ce manque de cadre législatif. Malgré les avertissements de lanceurs d’alerte chez Anthropic, Google DeepMind et OpenAI concernant des scénarios extrêmes, aucune mesure contraignante n’a été adoptée.

Quelles perspectives pour l’avenir ?

Mamdani a conclu que la société ne doit pas accepter passivement l’arrivée de l’IA. Il appelle à un « cadre différent » qui placerait la responsabilité au cœur du développement technologique. Les initiatives locales de New York, bien que limitées en portée, montrent qu’une action municipale est possible même en l’absence de législation fédérale.

Pour les lecteurs, cela signifie que les décisions prises dans la ville de New York pourraient servir de modèle à d’autres collectivités. La régulation des usages scolaires et la transparence immobilière sont des premiers pas tangibles, mais la discussion reste ouverte sur la manière dont les États‑Unis géreront les enjeux globaux de l’IA dans les années à venir.