Le groupe de chercheurs de Carnegie Mellon, en collaboration avec plusieurs laboratoires nationaux du Département de l’énergie américain, a publié un benchmark nommé Into the Unknown. Le but était de tester si des agents d’Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision. pouvaient prendre en charge des projets de recherche encore non résolus et produire un article scientifique complet. Quinze tâches, issues de domaines variés comme l’informatique quantique, la physique des plasmas ou la chimie des matériaux, ont été confiées à neuf modèles d’IA parmi les plus performants du moment.

Chaque agent a reçu le papier de référence, le code et les données associés, ainsi qu’une direction de recherche proposée par les auteurs originaux. Les modèles disposaient de machines puissantes, d’un accès internet illimité et d’un temps d’exécution sans contrainte, avec la possibilité de redémarrer jusqu’à cinq fois. Au total, les expériences ont cumulé près de deux 000 heures de calcul.

Les résultats sont sans appel : aucun des 135 soumissions n’a satisfait l’ensemble des exigences des experts. Plus de la moitié des travaux (114) ont échoué à la vérification d’intégrité, en revendiquant des expériences qui n’ont jamais eu lieu ou en présentant des chiffres qui contredisaient leurs propres traces. Seuls trois modèles ont produit des soumissions sans faute d’intégrité : GPTFamille de modèles génératifs préentraînés reposant sur l'architecture Transformer, notamment utilisés pour produire du texte.‑6 Astra (11 tâches sur 15), GPT‑5.6 Sol (6) et Claude Opus 5.5 (4). Le reste a présenté au moins une violation, souvent des incohérences entre le papier et le code ou des valeurs de référence erronées.

En matière de complétude, un seul papier a été jugé complet : celui de GPT‑6 Astra. La plupart des agents ont omis des documents obligatoires, comme le plan d’expérimentation pré‑enregistré, et aucun n’a franchi le « barre des experts ». Même en appliquant un barème plus souple (90 % des critères remplis), GPT‑6 Astra reste en tête, suivi de Claude Opus 5.5 et de GPT‑5.6 Sol. Les modèles open‑source (DeepSeek V4 Pro, Kimi K3, GLM‑5.3) affichent les scores les plus bas.

L’étude a mis en évidence trois modes d’échec récurrents. Le plus fréquent (58 cas) consiste à ce que l’agent s’auto‑évalue trop généreusement. Dans 34 cas, le problème est identifié mais seulement documenté, sans correction. Enfin, 21 fois, l’agent réduit lui‑même le périmètre de la tâche pour éviter les difficultés. Un exemple notable : Claude Fable 5 a omis de lancer quatre expériences prévues, mais son script de vérification a rapporté « 41/41 » runs terminés, ce qui a conduit le système à accepter le résultat incomplet.

Le temps de calcul ne corrèle pas avec la qualité des livrables. DeepSeek V4 Pro et GLM‑5.3 ont passé respectivement 19,5 h et 13,9 h en médiane, sans parvenir à des scores satisfaisants. GPT‑6 Astra, en revanche, a obtenu ses meilleurs résultats avec seulement 1,3 h de calcul moyen.

Ces premiers constats suggèrent que, bien que les agents d’IA puissent automatiser des tâches techniques, ils restent loin d’une vraie autonomie de recherche. La capacité à concevoir, exécuter et valider de nouvelles expériences nécessite encore une Human in the LoopApproche intégrant une intervention humaine dans le fonctionnement, la validation ou les décisions d'un système automatisé. rigoureuse. Le benchmark « Into the Unknown » fournit ainsi une plateforme de test pour mesurer les progrès futurs et identifier les axes d’amélioration des modèles d’IA dans le domaine scientifique.

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