Anduril Industries, le start‑up de défense fondé par Palmer Luckey, a annoncé en partenariat avec le géant des puces Qualcomm le développement d’un ordinateur portable baptisé BlueChip, prévu pour une commercialisation en 2027. L’enjeu principal du projet est de répondre aux exigences du Buy American Act, qui impose aujourd’hui un seuil de 65 % de contenu domestique pour que les produits soient considérés comme « Made in America ». Anduril affirme travailler à dépasser ce seuil dès le lancement.
Un objectif ambitieux
Lors d’une conférence téléphonique avec la presse, Palmer Luckey a déclaré que l’entreprise veut, à terme, fabriquer chaque composant du laptop aux États-Unis. « Nous avons une feuille de route technique pour atteindre 100 % de production domestique au fil du temps », a‑t‑il précisé. Le plan prévoit notamment de recourir à un fabricant de verre américain pour l’écran, de concevoir des FPGA en interne afin de remplacer les puces de gestion d’énergie habituellement importées, et de développer des batteries produites sur le sol américain. Le boîtier serait, quant à lui, usiné à partir de métaux que l’industrie américaine peut fournir à grande échelle.
Où en est le projet ?
Les premières réponses de la société étaient hésitantes. Lors d’une interview avec The Verge, Luckey a indiqué que le pourcentage de pièces américaines était « TBD » (à déterminer) et a évoqué la dépendance à des usines de mémoire, de CPU ou de GPUProcesseur conçu pour effectuer de nombreux calculs en parallèle, notamment utilisé pour entraîner et exécuter des modèles d'IA. qui ne sont pas encore opérationnelles aux États‑Unis. Quelques composants — le verre, le cadre et une partie du ruban de connexion — sont déjà assurés par des fournisseurs locaux, mais la majorité reste incertaine.
Un courriel de la porte‑parole d’Anduril, Stephanie Davis, a précisé que le prototype actuel atteint environ 32 % de coût d’origine américaine, tandis que plus de 90 % des pièces proviennent des États‑Unis ou d’alliés. La société travaille à augmenter ce pourcentage pour atteindre le seuil de 65 % requis à la date de lancement. Le 12 mai, Anduril a publié une mise à jour affirmant que le BlueChip « dépasse le seuil de 65 % de contenu domestique » et que l’objectif de 65 % est désormais une « priorité fondamentale » du programme, même si le chiffre final reste à confirmer.
Les contraintes du « Buy American Act »
Le Buy American Act, créé en 1933 et renforcé sous l’administration Biden, impose que au moins 65 % du coût total d’un produit provienne de composants nationaux pour qu’il soit admissible aux achats fédéraux. Ce pourcentage passera à 75 % en 2029. Les agences gouvernementales doivent généralement obtenir des dérogations lorsqu’elles achètent des équipements qui ne respectent pas ces critères. Luckey a souligné que de nombreuses agences utilisent déjà ces dérogations, ce qui crée une pression pour proposer des solutions conformes dès le départ.
Qualcomm, qui fournit le processeur Snapdragon du BlueChip, a indiqué que les puces seront fabriquées dans la fonderie TSMC d’Arizona. Cette localisation satisfait partiellement les exigences de contenu domestique, même si la chaîne d’approvisionnement reste largement internationale.
Perspectives pour le marché
Si Anduril parvient à livrer un ordinateur portable qui franchit le cap des 65 % de pièces américaines en 2027, cela constituerait une première majeure dans un secteur où aucun grand fabricant (Apple, Dell, HP, Microsoft) ne produit ses laptops intégralement aux États‑Unis. Un tel produit pourrait ouvrir la voie à d’autres initiatives similaires, surtout si les agences fédérales privilégient les appareils certifiés « Buy American ». Toutefois, les défis restent nombreux : la disponibilité des usines de semi‑conducteurs, la capacité des fournisseurs locaux à répondre aux volumes prévus, et le coût potentiellement plus élevé des composants nationaux.
En attendant, le BlueChip reste un prototype en évolution. Les prochains mois seront décisifs pour voir si Anduril et Qualcomm réussiront à TransformerArchitecture de réseau neuronal reposant notamment sur des mécanismes d'attention pour traiter des séquences de données. leurs promesses en un produit réellement conforme aux exigences de la législation américaine, tout en restant compétitif sur le plan technique et économique.





