Les équipes de gouvernance, de gestion des risques et d’audit se voient aujourd’hui proposer des assistants numériques capables d’automatiser une partie importante de leur quotidien. Dans le cadre de Diligent One, Gaëtan Fron, Senior Sales Manager pour la France, la Belgique et le Luxembourg, détaille les fonctions concrètes que les agents Intelligence artificielleEnsemble de techniques permettant à des machines d'accomplir des tâches nécessitant habituellement certaines capacités humaines, comme la reconnaissance, la prédiction ou la prise de décision. peuvent assumer, les moments où l’intervention humaine demeure indispensable, et les bonnes pratiques pour démarrer cette transformation.

Des tâches automatisées au service du suivi continu

D’après Fron, les agents ne se limitent plus à répondre à des questions simples. Ils peuvent :

  • Surveiller en temps réel les indicateurs de risque ; les données sont continuellement scrutées pour détecter des écarts ou des signaux d’alerte.
  • Nettoyer les jeux de données, en supprimant les redondances et en corrigeant les incohérences avant qu’elles ne contaminent les analyses.
  • Coordonner les évaluations de risque : l’agent rappelle les échéances, relance les parties prenantes et consolide les réponses.
  • Préparer les dossiers d’audit : il identifie les risques pertinents, les associe aux objectifs d’audit, lie les contrôles existants et facilite la collecte des preuves.
  • Faire remonter les problèmes et signaler les risques émergents aux responsables concernés.

Toutes ces actions reposent sur l’accès aux données de gouvernance (GRC) déjà stockées dans Diligent One. L’agent d’orchestration permet aux utilisateurs d’exprimer leurs besoins en langage naturel, puis d’exécuter les processus tout au long du cycle de gestion des risques et d’audit.

Trois niveaux de responsabilité : suggestion, préparation, exécution

Fron distingue trois niveaux d’autonomie :

  1. L’agent qui suggère : il formule des recommandations, propose des actions ou des améliorations, mais laisse le choix à l’humain.
  2. L’agent qui prépare : il assemble les documents, génère des rapports préliminaires ou crée des tâches à valider.
  3. L’agent qui exécute : il réalise une action sans validation supplémentaire.

La frontière à ne pas franchir, selon lui, dépend moins de la complexité technique que des conséquences de l’action. Les tâches réversibles – envoi de rappels, mise à jour d’un statut interne, génération d’un brouillon – peuvent être automatisées pleinement. En revanche, toute modification qui affecte l’exposition aux risques, qui altère une donnée officielle, ou qui engage l’entreprise dans un rapport public doit obligatoirement être validée par une personne.

Comment vérifier le travail d’un agent ?

Un professionnel ne doit pas se contenter de cliquer « approuver ». Chaque recommandation doit être accompagnée :

  • D’une liste de sources (documents, tickets, historiques) qui justifient la proposition.
  • D’un historique des actions permettant de retracer le cheminement de la décision.
  • D’un mécanisme de correction ou d’écartement si la donnée est inexacte.

L’approche de Diligent repose sur la traçabilité : les résultats sont toujours associés à leurs sources, les utilisateurs peuvent les vérifier, les corriger et les rejeter. Les étapes d’approbation sont réservées aux actions qui impactent l’organisation.

Quand la validation humaine reste indispensable ?

Le jugement humain intervient dès que la responsabilité est engagée. Le professionnel doit interpréter le contexte, décider de la pertinence d’une action et assumer les conclusions présentées aux dirigeants, aux conseils d’administration ou aux autorités de régulation. L’automatisation doit alléger les tâches préparatoires, mais ne doit jamais se substituer à la décision finale qui repose sur l’expérience et la compréhension du cadre juridique ou stratégique.

Impact sur le quotidien des équipes

Pour les équipes de gestion des risques, les agents IA transforment le travail de suivi périodique en surveillance continue. Elles passent moins de temps à mettre à jour manuellement les registres et à relancer les responsables, et plus de temps à analyser les causes profondes des incidents, à anticiper les scénarios futurs et à dialoguer avec les parties prenantes.

Pour les équipes d’audit interne, la collecte des éléments probants devient plus rapide. L’agent identifie les contrôles pertinents, associe chaque risque à un objectif d’audit et prépare les tests. Les auditeurs peuvent alors se concentrer sur l’interprétation des résultats, la rédaction de constats pertinents et la proposition de plans d’action.

Dans les deux cas, la valeur ajoutée ne réside pas dans la suppression d’experts, mais dans la libération de leur temps pour des activités à forte valeur stratégique.

Premiers pas pour une équipe qui veut adopter les agents IA

Fron recommande de commencer par un cas d’usage limité et clairement délimité : par exemple, automatiser la relance des actions en retard ou la génération d’un tableau de bord de suivi des risques. Les critères de succès doivent être définis en amont (gain de temps, taux d’erreur réduit, satisfaction des utilisateurs). Une fois le premier pilote maîtrisé, il est possible d’étendre le périmètre tout en maintenant les garde‑fous humains sur les décisions critiques.

Cette approche graduelle permet de mesurer les bénéfices, d’ajuster les paramètres de l’agent et de gagner la confiance des équipes, qui restent responsables des décisions stratégiques.

En résumé, les agents IA comme ceux intégrés à Diligent One offrent une automatisation ciblée des tâches répétitives et de coordination. Ils renforcent la capacité des équipes à se concentrer sur l’analyse et la prise de décision, à condition de garder une validation humaine sur les actions qui engagent l’organisation.

Article rédigé à partir de l’interview de Gaëtan Fron, Senior Sales Manager chez Diligent, publiée dans BDM.